Sainte-Catherine du Vieux-Lille

Le Vieux Lille, quartier historique de la ville, accueille certains de ses plus anciens et de ses plus remarquables bâtiments. Parmi eux, l’église Sainte-Catherine, élevée il y a plus de 500 ans, fait partie des témoins incontournables de la longue histoire lilloise.


L'église

Une paroisse ancienne

Les premières traces d’un lieu de culte chrétien à l’emplacement qu’occupe l’église sont attestées dès le XIIIe siècle. Pour autant, l’édifice que l’on connaît actuellement ne commence à être bâti qu’à la fin du XVe siècle : la nef est élevée entre 1485 et 1487. Puis les travaux se poursuivent au XVIe siècle avec l’érection de la tour-clocher, l’un des symboles de l’église, entre 1500 et 1504, et l’inauguration d’un nouveau chœur, achevé en 1542. Plus ancienne église de Lille, Sainte-Catherine porte, avec sa remarquable architecture gothique flamboyante, les traces de cette ancienneté.

Les fastes d’une église

Une nouvelle vague de grand travaux est lancée dans la première moitié du XVIIIe siècle, qui voit l’agrandissement de l’église : les chapelles latérales sont prolongées de deux travées. D’abord au nord, entre 1724 et 1725 ; puis au sud, entre 1726 et 1727. À l’aube de la Révolution Sainte-Catherine est une église de taille relativement importante avec un intérieur richement orné. Elle abrite même alors quelques chefs d’œuvre comme Le martyre de Sainte-Catherine (vers 1615), du maître flamand Pierre Paul Rubens (1577-1640), offert à l’église par l’un de ses paroissiens pour orner le maître-autel. On retrouve aujourd'hui ce tableau au Palais des Beaux-Arts de Lille.

Le poids de la Révolution

À la période révolutionnaire l’église est transformée en grange et voit son intérieur dépouillé. Son clocher connaît aussi un sort particulier puisqu’il est tour à tour utilisé comme point d’observation, du fait de sa position stratégique, et comme lieu de télécommunication. La tour devient en effet, en 1795, un télégraphe Chappe, alors que la première ligne télégraphique de France, reliant Paris à Lille, a été inaugurée l’année précédente. Ces nouvelles affectations marquent durablement l’architecture du lieu, lui donnant ce caractère symbolique, puisque c’est à ce moment, et pour des raisons pratiques, que la tour est privée de son toit d’origine (octobre 1794). Celle-ci restera tour-télégramme jusqu’en 1846 puis point d’observation jusqu’en 1891, bien après que l’église ait retrouvée son affectation religieuse en 1796.

De la dévotion religieuse à la dévotion patrimoniale (XIXe-XXe siècles)

Au XIXe siècle Sainte-Catherine devient le cœur battant du catholicisme lillois en accueillant la statue miraculeuse de Notre-Dame de la Treille, patronne de la ville, sauvée in extremis des décombres de la collégiale Saint-Pierre, détruite à la Révolution. Si la statue, adorée depuis le Moyen Âge, est d’abord condamnée à l’oubli, elle redevient un centre d’intérêt dévotionnel à partir des années 1840. Sainte-Catherine accueille alors de nombreux fidèles et pèlerins, venus parfois de loin. En 1872, la statue rejoint finalement le sanctuaire qui lui a été dédié (l’actuelle cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille). Le XIXe siècle rime aussi pour l’édifice avec embellissement. Après le dépouillement de la Révolution, l’église est redécorée dans un goût néo-gothique qu’elle doit au sculpteur Charles-Buisine-Rigot (1820-1893), à la plafonneuse Eugénie Caroline Castel (1801-1881) et au peintre Charles Stalars (1808-1876). Il convient aussi d’évoquer le vitrail du chevet représentant le Triomphe de Sainte-Catherine, réalisé par le maître-verrier Félix Gaudin (1851-1930).

Au XXe siècle, l’église est en danger. Menaçant de s’écrouler, elle est fermée. Mais son caractère historique et artistique, reconnu par son classement au titre des Monuments historiques en 1991, ne manquera pas de la sauver et de permettre le lancement d’un grand chantier de restauration dans les années 1960. Cette campagne de travaux est aussi l’occasion de retirer de nombreuses « restaurations » du XIXe siècle, dont le principe avait été moins le respect de l’histoire du bâtiment que la reconstitution d’un décor néo-gothique imaginaire. Au cœur d'une histoire mouvementée l’église trône encore fièrement en plein cœur de Lille.

 

Vue de l'église en arrivant de la rue Royale.


Parmi les éléments remarquables

  • Stalles (1876-1877), Charles Buisine-Rigot (1820-1893). Bois sculpté.

Au nombre de 72 les stalles sont parmi les éléments de mobilier les plus remarquables de Sainte-Catherine. Brillamment réalisées dans un style néo-gothique par C. Buisine-Rigot, elles ont été dessinées par l’architecte Charles Maillard-Desurmont (1821-1875). Y sont représentés les apôtres, les docteurs de l’Église ou encore de nombreux saints locaux.

 

  • Le Triomphe de Sainte-Catherine (1893), Félix Gaudin (1851-1930). Vitrail.

Ce vitrail a été réalisé d’après les indications de l’architecte lillois Louis-Marie Cordonnier (1854-1940), également à l’origine de la tour-clocher de Saint-André.

 

 

Plus d'informations sur le guide de visite disponible ici !


Autour de Sainte-Catherine

Plusieurs maisons typiques de l’architecture lilloise ont été restaurées aux alentours. Aux N° 8 et 10, vous découvrirez la « boule lilloise » que l'on retrouve encore sur certaines façades de la placette contigüe portant le nom de Jacques Louchart. Bienfaiteur lillois, cet homme fit en 1285 un don de 100 livres de rente dont il confia la gestion à l’échevinage pour l’achat de draps, de toiles, de souliers, mais aussi de blé, destinés aux ‹‹ povres honteus ››.
Cette partie de la ville a gardé son atmosphère d'antan et se prête particulièrement aux balades à l'affût des curiosités de l'histoire et de l'architecture lilloise. Sainte-Catherine, plus vieille église paroissiale de Lille, en témoigne.

 

Le quartier du Vieux-Lille recèle, par ailleurs, de bien d'autres lieux à découvrir. Poursuivez donc votre visite en vous rendant à l’église Saint-André ou en parcourant le quartier muni du guide « Balade culturelle autour des clochers du Vieux-Lille », disponible en version numérique !

Informations pratiques

 

  • Accueil et médiation  En présence d'un médiateur culturel
    • Pendant l'année (hors vacances scolaires) Les samedis et jours fériés (sauf 25/12 et 01/01) de 13h30 à 17h30
    • Vacances scolaires  Du mercredi au samedi de 13h30 à 17h30

 

  • Accessibilité  L'église est accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR)